Les monuments

Les monuments grabellois

  • Les Remparts
  • Le Porche
  • La Tour de l'Horloge
  • La Fontaine Carrée
  • La Fontaine de la place Paul Chassary
  • La Tour de la Valsière
  • La Tuilerie
  • Les deux Châteaux
  • Les Croix
  • L'Eglise aux deux clochers
  • Le Cheval de Giovanni Ingrato

Tour de Montredon

La tour de Montredon, gardienne du chemin de Grabels à Vailhauquès
Cette tour de la fin du XIIe siècle, perchée sur la colline entre Grabels et Combaillaux serait la plus vieille construction sur la commune de Grabels...

Un mont Redon parmi tant d'autres Mont Redon, nom donné à cette colline de Grabels ayant connu des manifestations volcaniques, est une appellation qui évoque l'arrondi colline. Il existe beaucoup de monts Redon et de Montredon qui sont le plus souvent des noms de village associés à leur situation topographique.

Le lieu dit de Montredon fut cédé en 1222 au Chevalier Bertrand de Vailhauquès pour y construire un poste d'observation fortifié, qui s'intégrerait dans un réseau de tours à signaux à vue avec la tour de Goiraume au nord de Saint Georges d'Orques, la tour de Murles et le Château de Vailhauquès. Sur le Mont Redon de Grabels, est donc élevée une tour datant de la fin du XIIe s. qui, malgré les destructions, ressemble à s'y méprendre à d'autres tours quadratiques proches connues : celle de Vias près des Matelles, ainsi que celle de Roucayrol non loin de là, dominant la D986, et bien d'autres que l'homme a détruites pour récupérer les pierres taillées.
Utilisées jusqu'à l'arrivée du télégraphe Chappe comme tours à signaux afin d'avertir les seigneurs et les populations d'évènements divers (c'est le cas également de la tour de Piquet sur les hauteurs du quartier de la Valsière) elles formaient un réseau relativement dense, permettant d'assurer les communications entre villages et hameaux.
Ces tours pouvaient être aussi des postes de défense avancés. C'est ainsi que celle de Grabels, qui appartenait au début du 13e siècle à Bernard de Vailhauquès est un véritable bastion, avec crénelages, archères et meurtrières. Il est vrai que la position de cette tour est stratégique, permettant la surveillance de la vallée de la Mosson au niveau des voies de communication essentielles entre Montpellier, Caravettes, Murles, et Vailhauquès. Ses murs de 6 à 7 mètres de haut sont encore en élévation et épais de plus d'un mètre. Son plan est presque carré, près de 7 mètres de côté, ce qui fait de notre tour un cube de pierre. Des dégradations menacent l'édifice, notamment une percée importante sur la face sud et l'angle sud-ouest.

Comment y accéder ?
Par le chemin du Mas de Matour, continuer toujours tout droit, jusqu'à ce que vous arriviez en haut d'une petite crête. De là, prendre le chemin à votre droite et monter tout en haut de la colline. Vous arriverez sur la tour de Montredon vous pourrez admirer la vue, Combaillaux au Nord, Grabels au Sud, St Gély à l'Est, et le Pic St loup tout au fond...

Les fontaines

En 1832, la première fontaine est installée sur le plan de l'enclos, devenue place de la Fontaine. Construite en pierres de taille, elle servait d'abreuvoir pour les chevaux, dans lequel coulaient continuellement deux robinets placés à la hauteur que la pente naturelle de l'eau pouvait permettre.

Cet abreuvoir public fut construit à l'emplacement occupé aujourd'hui par le n°2 de la place de la fontaine.

La banquette de pierre en arc de cercle à côté de la fontaine carrée, n'était pas destinée à offrir un espace de repos à l'ombre. Elle faisait converger les eaux pluviales et ménagères descendant du village, ainsi que celles provenant de la fontaine elle-même, vers le chemin de la Rivière et la rue du Presbytère, protégeant ainsi de l'inondation les maisons construites au sud de la place.

En 1869 on élève une nouvelle fontaine sur le plan de l'Eglise. Après sa création, la fontaine Carrée devint la fontaine secondaire et on l'installa au centre.

Les fontaines ne coulaient plus depuis de nombreuses années à Grabels. La municipalité a redonné vie aux fontaines de Grabels en 2002/2003.
Des travaux d'aménagement ont été réalisés à la fin de l'année 2004. La fontaine Carrée et sa place ont entièrement été réhabilitées. La place de l'Eglise et sa fontaine ont subi également un rajeunissement en mai 2006.

L'orgue, un instrument hors du commun

L'orgue de l'église de Grabels a récemment été intégré au patrimoine communal. L'occasion de se pencher sur cet instrument très complexe.

L'orgue, un piano en beaucoup plus complexe ?
La console (place où l'organiste s'installe pour jouer) est composée de 3 claviers de 56 touches et d'un pédalier de 32 pédales (clavier pour les pieds : les touches sont plus grosses, l'organiste joue simultanément avec les talons et les pointes de pieds !) Il y a 23 jeux de sonorités différentes qui peuvent se combiner entre elles...

Monseigneur Joseph Roucairol fut curé de Grabels de 1951 à 1972. Il a beaucoup oeuvré pour le développement culturel dans sa paroisse, il est entre autre, fondateur de la "Gerbe Grabelloise", lieu culturel pendant plusieurs décennies.
Pendant les années 60, il a fait construire, avec ses propres deniers, cet orgue que l'on peut voir aujourd'hui dans l'église. Il provient de la Grande Manufacture d'Orgues de Lodève. L'aménagement de cet orgue a été progressif, il a fallu trois ans pour le voir tel qu'il est aujourd'hui. Bien connu dans les milieux musicaux, il a contribué au renom culturel de Grabels.
Excellent organiste et compositeur, Monseigneur Roucairol a créé la "Chorale des Vignerons de Grabels". Il organisait des concerts le dimanche après midi. Aujourd'hui encore, la tradition perdure. Il a ensuite quitté Grabels pour la Cathédrale St Pierre à Montpellier où il était toujours organiste réputé et chef de choeur. Après sa mort en février 92, l'orgue fût légué à la paroisse. L'association "Les Amis de l'Orgue" fût créée pour prendre en charge l'entretien de l'orgue. Le facteur d'orgue de Lodève accorde l'orgue 2 fois par an. L'instrument se désaccorde naturellement à cause des changements de température.

L'orgue ayant plus de 45 ans, il a fallu restaurer certaines pièces, rénover les souffleries, les contacts électriques... Travaux d'entretien s'avérant assez onéreux. Il a donc été nécessaire d'intègrer l'orgue au patrimoine de la commune.

Les remparts

Grabels, une ancienne ville fortifiée...
Pendant près de quatre siècles, Grabels était protégée par une épaisse muraille, qui fût en partie détruite, comme l'église, en 1621 et 1622.
La date de construction de cette fortification se situe aux alentours de la fin du XIIIe siècle, mais l'on ne connaît pas la date exacte.

Cette clôture, d'une longueur d'environ 400 mètres, formait un carré. Le périmètre du rempart correspond aujourd'hui à la rue de l'Horloge qui débouche sur la place de la Fontaine, se prolonge par la rue du presbytère, puis la rue de l'Eglise et finalement la rue du Portail.
Les côtés nord et sud étaient constitués d'une muraille large de 70 à 80 cm et haute de 6 à 10 mètres. A l'intérieur, une rue courrait le long du rempart, qui fut abattu au milieu du siècle dernier. Sur les deux autres côtés, les maisons faisaient corps avec le rempart. Au XIXe siècle, ce mur a été percé de portes et de fenêtres, pour devenir la façade des maisons qui s'y adossaient. Cette seconde façade donne maintenant sur la rue droite et sur la rue du Portail.

Trois tours dominaient la muraille :
A l'angle nord ouest, la tour carrée, devenue la tour de l'Horloge en 1824.
Au milieu du côté sud, la tour ronde du presbytère.
Dans la partie centrale, côté ouest, la tour Ricard, du nom de son propriétaire, détruite en 1861, pour faciliter le passage des charrettes attelées et dont il ne restait aucun vestige. Les récents travaux d'aménagement des remparts (fin 2004) de la rue de l'Horloge, ont permis de faire réapparaître son emplacement au sol.

Deux portes permettaient la circulation entre le village et l'extérieur. Le portail, détruit en 1841, se situait en haut de la rue Droite. Le Porquier, situé à l'emplacement du perron de l'Eglise fût détruit en 1621.
Le Porche, en haut de la rue du même nom, n'est pas une ancienne porte, contrairement à ce que rapporte la tradition villageoise. Il donnait accès à une brèche dans la muraille, située quelques mètres plus haut.

Le Cheval de fer de G. Ingrato

Édouard 1er,œuvre de Giovanni Ingrato

En 2003, Giovanni Ingrato, artiste peintre sculpteur de Grabels offrait à la municipalité une de ses œuvres majeures : Édouard 1er, un cheval grandeur nature, composé de fers à cheval.
Bernard Prunet, Maire, vice-président de Montpellier Agglomération et son équipe municipale ont décidé de lui donner l'importance qu'il mérite :
Le cheval est implanté sur un îlot de la route principale de Grabels, lieu particulièrement fréquenté.
Cheval créé en 2003, et baptisé Édouard 1er, en hommage à son père
Prise de mesures sur un vrai cheval camarguais
Matière première : 750 fers à cheval, 300 kg de matériaux, 500 baguettes de soudure, 600 h de travail !
L'idée de cette création est née d'une rencontre avec un maréchal-ferrant et une passionnée de tauromachie...

Signe d'une réelle reconnaissance de son travail, Giovanni Ingrato est référencé depuis octobre 2003 dans la "Cotation Drouot", la fameuse cotation des artistes modernes et contemporains.

L'Eglise de Grabels

Au début du XIIe siècle, il existait une église dont on ignore tout. La construction d'une église de style ogival primitif, date du début du XIIe siècle. En 1621, Grabels connu un siège et en mai 1622, les murailles de Grabels furent démolies et son clocher renversé.
Pendant près d'un demi-siècle, la partie sud du village ne fût qu'un amas de ruines. Le porquier, le rempart, le presbytère étaient entièrement démolis, l'église réduite à deux pans de murs latéraux. Le porquier et le rempart ne seront jamais relevés.
Ce n'est qu'en 1666, à partir des murs restés debout, que fût reconstruite la nouvelle église.
En 1826, des travaux importants d'amélioration ont été effectués, comme en témoignent les inscriptions gravées sur des plaques de marbre posées à l'entrée de la nef.
En 1867, un projet d'agrandissement voit le jour, avec prolongement de la nef par une travée supplémentaire, édification d'une façade surmontée d'un clocher monumental et aménagement d'un comble en charpente sur l'ensemble du bâtiment.
En cours de travaux, on ajouta un perron d'accès et des chapelles latérales. Achevée en 1879, l'église a dorénavant deux clochers dominant la place de la Fontaine pour le plus ancien et la place de l'Église pour le plus récent.
Pendant le XXe siècle, grâce au curé Joseph Roucairol, l'église a été dotée d'un orgue bien connu dans les milieux musicaux.

Un grand Mas en bord de Mosson...
Le mas de la Font était une vaste demeure construite au début du XVIIe siècle par Jean de Massane, au bord de la Mosson, en contrebas de la font ou de la fontaine (la source) du village. Depuis 1660, le domaine appartenait aux Massane (cf "la tuilerie de Massane"). Ils se constituèrent un vaste domaine mais ne purent obtenir ni l'appellation de château pour leur demeure, ni le titre de seigneur de Grabels. En 1747, Etienne de Massane vend à Louis de Solas le mas de la Font et ses dépendances. Louis de Solas, en achetant la seigneurie de Grabels en 1755, donne l'appellation de château au mas de la Font.

Descriptif du mas de la font en 1660 : une maison avec deux pavillons, pigeonnier, galerie, étable, grenier à foin et à paille, remise, avec un moulin à huile et à blé, mené et tourné par l'eau, assis sur la Mosson, son barrage et bief, jardins et prés entourés de murailles..

La Tuilerie de Massane (ou Deltheillerie)

La demeure de Joseph Delteil
Ce mas a une histoire qui est celle de ses fondateurs, possesseurs et ou propriétaires successifs, mais qui est aussi celle du rôle qu'il a joué dans l'évolution de cet espace géographique.
Tout commence en 1603, Pierre de Massane, conseiller du roi, achète une parcelle de terre noble. Il y fait construire un mas. Les Massane vont se succéder de père en fils pendant plus de 130 ans.


Il existait sur cette parcelle une source abondante qui a fait l'objet de plusieurs contrats passés devant des notaires royaux. Géographiquement, elle est située au centre du vallon formant le bassin versant du Verdanson. La source confère à ce lieu une dimension particulière, l'eau ayant été de tout temps un bien précieux dans la région.
Étonnamment, ce que nous appelons "la Tuilerie" n'a jamais été un réel lieu de fabrication de tuile, une ancienne tuilerie ou l'on fabriquait, dit on, des pipes en terre au 18ème. Il s'avère qu'à cette époque, les transports de matériaux n'étaient pas aisés. Il était finalement plus simple de construire un four sur place pour cuire les briques et tuiles nécessaires à la fabrication de ce mas de taille conséquente. Autre explication, il est écrit dans les archives que ce mas était en fait la "Theillerie", c'est-à-dire la maison du Theil qui est une petite plante proche de la menthe qui abonde en ces contrées. Par déformation, elle serait devenue la Tuilerie.
En 1937, après avoir changé de propriétaire à plusieurs reprises depuis la famille Massane, Le Mas de la Tuilerie est acheté par Marie Delteil et Caroline Delteil, respectivement soeur et épouse de Joseph Delteil, célèbre poète du XXème. Il y passera d'ailleurs les dernières années de sa vie, jusqu'à son décès en avril 78.
La Tuilerie, qui est depuis près d'un siècle une exploitation viticole, est loin d'être un mas florissant à l'époque où la famille Delteil est propriétaire. Joseph Delteil, vigneron malgré lui, connaîtra bien des déboires dans la fabrication de son vin.
A la Delteillerie (c'est ainsi qu'il avait nommé son mas) écrit-il, "j'ai tout simplement voulu rejoindre la nature… j'ai voulu vivre la vie naturelle… j'ai voulu vivre hors de la société, hors de la civilisation…"
Progressivement, au fil des années, les vignes vont disparaître. En 1989, les derniers pieds sont arrachés. Cette terre sera finalement la propriété de la SERM, et sera progressivement consacrée à l'implantation du pôle de développement et de recherche Euromédecine.
Seul restera ce vieux mas et son parc, ainsi que la page d'histoire contenue en ses murs.
Nombreux voient en ce lieu un futur centre culturel et en suggèrent l'acquisition par la commune. Le coût de ce lourd investissement ne peut être supporté uniquement par notre collectivité. Un tel projet aurait une envergure dépassant les simples limites de notre commune. Des contacts ont été pris par le maire avec l'Agglo de Montpellier pour évoquer ce projet qui ne peut se concevoir qu'avec les divers partenaires institutionnels (CAM, département, région, état).

"La vie ne peut être comprise qu'en regardant vers le passé, mais elle ne peut-être vécue qu'en regardant vers l'avenir." Sören Kierkeg Aard, philosophe danois.
Merci à Paul Couder pour sa collaboration

La Tour de la Valsière

Authentifiée dès l'année 1196 et inféodée aux Guilhems de Montpellier par les comtes de Melgueil, elle fut construite sur le monticule boisé surplombant la route de Ganges. Sorte de poste fortifié, elle avait l'avantage de dominer le croisement des chemins reliant Montpellier à St Gély et Grabels à Montpellier et la ligne de partage des eaux des vallées de la Lironde et du Rieumassel. Par des signaux, on pouvait facilement correspondre, non seulement avec Clapiers, Montferrier et Valmaillargues mais encore avec le château des Guilhems près le Peyrou et avec le château de Montferrand.

Selon la tradition sur cette tour étaient élevées les "fourches patibulaires" de la seigneurie, sorte de gibet à plusieurs piliers.

Au fil du temps cet ouvrage connu sous le nom de tour de Piquet perdit de son importance et faute d'entretien tomba en ruine. En 1816, il n'en restait que deux murs délabrés ce qui la fit dénommer "Tour des deux Piquets".

En 1832, ces deux piquets et les soubassements servirent à la construction d'une nouvelle tour à l'usage du télégraphe aérien Chappe. Dans un bail passé avec la ville de Montpellier, l'administration des lignes télégraphiques s'engagea à louer cette nouvelle tour, au prix de 200 frcs annuels, pendant plus de 8 ans, de 1832 à 1840. C'est celle que l'on peut voir de nos jours.